dimanche 29 avril 2012

Souvenirs de Genève

"Pendant l'été de 1900, je fis la connaissance à Genève d'un garçon de 18 ans, appartenant à une très bonne famille. [...] Ce jeune homme avait contracté au collège des habitudes vicieuses et il les continuait, dans un but intéressé, avec les étrangers de passage à Genève; ne réclamant pour prix de ses complaisances que l'envoi de cartes postales devant enrichir sa collection.
Rentré en France, j'adressai quotidiennement à ce jeune homme, pendant 3 mois, des cartes postales que je choisissais dans les modèles de meilleur goût. Afin de rendre la collection plus intéressante, j'écrivais sur ces cartes postales, de ma plus belle écriture, des vers très délicats, des fragments littéraires et des pensées philosophiques, morales et religieuses: j'avais le soin d'éviter toute citation exprimant trop vivement l'Amour et la passion; le jeune homme était ravi, et il disait à ses parents, qui ne me connaissaient pas, qu'il avait fait connaissance d'un jeune français collectionnant des cartes postales et qu'il échangeait avec lui des cartes suisses pour des cartes françaises.


Les premiers temps, la mère du jeune homme le crut sur parole; mais un beau jour, elle lui déclara formellement qu'il mentait; que ces cartes lui étaient envoyées par une femme, que tout dans l'envoi de ces cartes révélait un être féminin, le bon goût et le choix délicat des cartes et de la littérature, l'élévation des pensées, l'écriture; et qu'il n'arriverait jamais à lui faire croire que c'était un homme qui lui faisait ces envois. "

Extrait de : Charles Double, Etat psychologique et mental d'un inverti parricide, 1905.

2 commentaires:

Javier Arnott Álvarez a dit…

Content que tu sois de retour!

oscari a dit…

Alors, Javier le dit!